▪ Travaux 

 

2017 - 2020 : Mamy Memory

Corpus de 679 images photographiques

2016 : Facebook, la vie parfaite

Court métrage de 10'32 min

2013 : Téléphone, le fil de la vie

Court métrage de 05'52 min

2011 - 2012 : Les portraits d'identité

72 portraits photographiques et un court métrage de 04'11 min

 

2008 : Série limitée d’images lumineuses lamifiées pour un designer en décoration

 

2006 : Sortie d’une ligne de trousses, pochettes et sacs pour un créateur d’objets décoratifs.

 

2002 - 2010 : Peintures (une cinquantaine) et travaux numériques (une centaine).

▪ Prix et distinctions

 

Septembre 2015 : Prix du public des Nuits Photographiques pour Téléphone le fil de la vie

Juillet 2015 : Lauréate du festival des Nuits Photographiques  pour Téléphone le fil de la vie

 

Janvier 2014 : Critique de Pierre Wat, D'autres vies que la sienne pour Les portraits d'identité

 

 

Expositions

 

Octobre 2015 : Exposition Video Forever - Jeux de mémoire par Barbara Polla (Galerie Analix) & Paul Ardenne (historien et critique d'art) à l'Espace Topographie de L'art pour Téléphone le fil de la vie

 

Septembre 2015 : Festival des Nuits Photographiques pour Téléphone le fil de la vie

▪ Parcours

Licence en histoire de l'art à la Sorbonne Paris 1

Master 2 en droit, Licence d'anglais, Hypokhâgne

Collaborations avec notamment Edouard de Pazzi, Jean-Brice Lemal (publication dans Portrait de jeans, portraits de gens), François Berthier, Estelle Lesieur et Stefan Bodar comme modèle. 

Crédit photographique : Stefan Bodar

Née en 1986, Fanny Bastien commence son travail artistique au lycée. Ses premiers travaux se concentrent essentiellement sur la peinture et les images numériques construites à partir de photographies. En 2006, elle sort une ligne de trousses, pochettes et sacs en collaboration avec un créateur en objets décoratifs. En 2008, elle travaille avec un designer en décoration sur une très courte série d’images lumineuses.

Fanny Bastien fait une rencontre décisive en 2010 en la personne de Pierre Wat, historien de l’art et critique. Elle lui présente un travail très personnel qu’elle n’a partagé avec personne. Il s’agit des six premières photographies de la série des Portraits d’identité qui sera complétée par soixante-six autres. Sur les conseils et encouragements de Pierre Wat, elle décide de prendre un autre tournant artistique et abandonne la peinture pour se concentrer sur un univers plus personnel. Après trois années de réflexions, de recherches et de documentations, elle crée le film Téléphone, le fil de la vie en 2013. Elle décide de rendre hommage à son père qui s’est donné la mort après de longues années de souffrance au sein de l’entreprise France Télécom.

L’essentiel du travail de Fanny Bastien est concentré sur l’articulation entre l’histoire et la mémoire. Féministe et engagée, Fanny Bastien prouve que l’on peut être qui l’on veut dans Les portraits d’identité, insufflant de la liberté pour les femmes. Dans cette série, ce qui semble être un témoignage de photos de femmes dans le temps, est en fait une reconstitution historique inventée de toutes pièces. Si les images et les textes sont de manifestations sincères d’un moment donné dans la vie d’une personne, ils peuvent également être détournés pour en raconter tout autre chose : fabriquer une histoire ou réviser l’Histoire. À l’heure des fake-news, Fanny Bastien interroge sur les « véritables » faux-semblants. Il en va de même avec le film Facebook, la vie parfaite, fable ironique aigre-douce exposant la vie de Charlotte Dupuis, construite sur le mensonge à partir des images personnelles de l’artiste ou trouvées sur internet. C’est aussi une autre vie que l’artiste prête à sa grand-mère, dans Mamy Memory, faisant d’elle une exploratrice libre et affranchie.  

Porte-voix de ceux qui ne disent rien, elle donne la parole à tous les salariés maltraités au travail qui n’ont pas su être entendus avant de se suicider Téléphone, le fil de la vie. Ce film est construit de telle façon à ce que le spectateur ne puisse jamais avoir espoir de changer le cours de l’histoire. 

Crédit photographique : Estelle Lesieur

Lancé sur les rails d’une mort qu’il sait inévitable et prisonnier d’un film dont il ne peut s’échapper, le spectateur se retrouve lui  aussi condamné à une totale impuissance suscitant tristesse, colère, révolte. Et s’il fallait insister sur l’empreinte que laisse ce film pour celui qui le voit, ce serait en soulignant le prix remis lors des Nuits Photographiques, celui du public.

Lorsqu’il n’est pas possible de changer le cours du temps, de remonter en arrière pour contrer l’inévitable, alors il reste alors la mémoire. Il faut l’inscrire pour soi-même, pour ne pas oublier, et pour les autres, afin qu’ils ne sombrent jamais dans l’oubli. C’est cette mémoire qui s’inscrit dans l’histoire et le temps. Le processus créatif des travaux de l’artiste est très long et s’inscrit sur plusieurs années. Le projet Mamy Memory confronte les images de trois générations dans leur quête esthétique. C’est un dialogue artistique d’une ampleur monstrueuse (plus de 8000 diapositives), qui se veut à l’échelle d’une vie entière.

Par le rêve et l’imagination, Fanny Bastien voyage dans la mémoire des disparus et raconte une histoire, faute de connaître la vérité de la bouche de ceux qui ne sont plus là pour la raconter. ■

Fanny Bastien / Tous droits réservés ​© 2020 / Paris (fr)